Archive pour la catégorie ‘Djebel Zouaoui’

Aïssa Moukhtari, notre spécialiste dans la transplantation des arbres.

Samedi 13 mars 2010

Notre ami, Aïssa Moukhtari, à 35 ans, est déjà très expérimenté dans le domaine des espaces verts, transplantation d’arbres, aménagements divers de jardinage, cascades…et d’autres passions encore (élevage de chevaux de la race locale, oiseaux, chiens, traditions algériennes et coutumes avec la kheïma, ses objets, ses habits…) et l’amour pour l’Algérie qu’il aime servir pour qu’elle soit à la plus haute des marches dans le concert des nations.

Aussi, en ce jour de vendredi 12 mars 2010, très pluvieux et froid, nous nous sommes attablés dans un café de la place de la Brèche du centre-ville de Constantine et nous avons fait sa connaissance de manière approfondie, et on était content de lui, de sa façon de voir les choses, de ses analyses pertinentes, de la maîtrise et de l’intérêt qu’il porte à son métier, à qui il consacre tout son savoir-faire dans ses travaux.

En effet, Aïssa est sorti du centre de CFPA n° 1 de Chelghoum Laïd, en 1993, avec le diplôme de technicien en horticulture et aménagement d’espaces verts. De 1993 à ce jour, beaucoup de chemin parcouru, avec une accumulation de connaissances et d’expérience au contact du terrain bien difficile et plein d’embûche qui forge la personne dans sa professionnalisation et de ses convictions dans sa façon de voir l’évolution de ce secteur, dans l’aménagement de nos agglomérations et l’épanouissement de la société algérienne.

Il débuta avec l’entreprise Manbar El Haddaick comme gestionnaire de la pépinière à Oued Ahmimime (El Khroub), sur les terrains de Bel Okki de 1993 à 1998. La production de plants en cette période était très limitée, l’essentiel des besoins de l’entreprise étaient achetés de la région de Boufarik. Sur ce site, il était produit seulement les plantes à fleur (marguerite, géranium, chrysanthème, …), les plantes de bordure (romarin, santoline, lavande…) et les plantes de haie (fusain, myoporum, troène de Californie…). Pour les plantes ornementales (de l’intérieur et de l’extérieur), arbres feuillus et résineux ainsi que les arbres fruitiers… étaient ramenés donc de l’algérois, le fief de l’horticulture algérienne. Les projets de l’entreprise étaient limités, uniquement l’aménagement de certaines demeures de particuliers dans les lotissements de Constantine et de sa région. Le seul projet d’intérêt, fut l’aménagement et l’embellissement des espaces extérieurs du siège de l’APC de Teleghma. Sinon, la pépinière servait également de point de vente avec un afflux de visiteurs, qui étaient nombreux à venir acheter des plantes pour divers usage, un engouement exceptionnel de la population citadine pour les plantes vertes qui ne fait que s’intensifier depuis.

Pour la transplantation d’arbres, elle débuta d’une manière accidentelle chez un particulier à M’doukal dans la wilaya de Batna en 2004. Pour l’aménagement d’un espace vert de 2000 m2 sur une propriété privée de plus de 20 ha, Aïssa n’a pas voulu sacrifier les sujets présents sur cet espace, constitués de 8 palmiers dattiers de 6 mètres de hauteur, de 25 arbres fruitiers qui étaient en production (pommier, poirier, citronnier, néflier) et de 4 mûriers âgés. La transplantation s’est faite durant la période de juin à août, date de la réalisation du projet ci-dessus et réussi grâce à un suivi rigoureux et de maîtrise de la technique de la transplantation, acquise durant les aménagements réalisés auprès de particuliers dans la remise aux normes des plantations réalisées de manière anarchique par leurs propriétaires…

De 2000 à 2004, il se forgea encore auprès des pépiniéristes de Boufarik dans la préparation des arbres à transplanter, qui étaient prélevés au niveau des anciens domaines des colons. Il s’agit surtout de palmiers (cocotiers, washingtonia, phoenix…) ou yucca très demandés par les entreprises d’espaces verts dans le cadre de l’aménagement des espaces verts et de l’embellissement des institutions de l’état ou de particuliers au niveau de la capitale. La moyenne d’âge des espèces transplantées était de cinquante ans.

En 2005, il a transplanté un palmier cocotier prélevé de l’ex-pépinière de l’APC de Constantine de Chaabathe Er Sass au profit d’un particulier de la cité Zouaghi, plateau de Aïn El Bey. Cette transplantation fût un succés.

Au cours du mois de janvier, de cette année 2010, il a réalisé, au profit d’un propriétaire d’une station d’essence, la transplantation de 5 cyprès vert et 1 cèdre de 4 à 5 mètres de hauteur de plus de 20 ans d’âge, prélevés de l’ex-ferraille désaffectée de Guettar El Aïch.

Il enseigna également au niveau de l’ex-centre des Arts traditionnels, route de Aïn El Bey, dans la filière espace vert. Parmi les jeunes qu’il a eu en formation, certains d’entre eux, réussissent bien dans leur vie professionnelle et est en relation avec eux à Constantine et ailleurs pour le cas d’un jeune de Ghardaïa dans l’échange d’expérience et d’avis sur leur domaine d’activité.

Pour terminer, cet entretien mutuellement enrichissant, Aïssa insiste sur les propositions suivantes :

  • Encourager la transplantation par la formation pour une meilleure maîtrise de cette technique, très courante dans les pays développés.
  • Pour la réussite des espaces verts et des plantations d’alignement, il faut utiliser des arbres de grande dimension, avec un suivi rigoureux pour leur réussite, surtout ceux élevés en pépinière qui nécessitent plus de soin pour leur acclimatation, que ceux prélevés des milieux naturels (forêts, jardins publics, accotements de route…).
  • Dans le cadre d’un dépressage, favoriser l’opération de transplantation des espèces jugées de trop, cas des régénérations dans les peuplements forestiers, jardins publics ou autres, gain d’argent et de temps et meilleure réussite des plantations.
  • La transplantation se pratique durant la période de dormance des plantes, période propice entre novembre et février (saison d’automne hiver). Pour les palmiers, durant la saison d’été.

Des exemples de transplantation d’arbres

Fait à Constantine le 12 mars 2010 dans le cadre d’une contribution citoyenne. Abdelouahab Karaali

Les jardins naturels du djebel Zouaoui

Mardi 12 janvier 2010

Au 2eme jour du début de l’année 2010 soit le 2 janvier, avec Ali Boutamina, de bon matin, nous avons entrepris une randonnée au djebel Zouaoui. Le temps était légèrement froid et le sol sec, chose rare par le passé. En principe, c’est la période de la pluie et de la neige avec des températures très basses. Et aujourd’hui, nous débattons encore du changement ou pas du climat.

A ce sujet, les services de la météo sont interpellés pour élaborer un Seltzer, document avec toutes les données climatiques en matière de pluviométrie, températures, gelées, vent, sirocco… par une moyenne de relevés sur une longue durée et par station météo. C’est un outil de travail utile pour le forestier, l’agriculteur, l’hydraulicien… au vu des perturbations climatiques que nous constatons depuis déjà plusieurs décennies.

Sur le parcours d’ascension par Djenane En Chem, les sources aménagées par les riverains avec des abreuvoirs pour leurs animaux d’élevage, avaient un faible débit. Le ciel était moyennement nuageux avec un ensoleillement perturbé.

Sur l’itinéraire, les espaces clairsemés de chêne vert, font l’objet de coupes pour les brins de grand diamètre de 12 à 17 cm en moyenne pour les besoins domestiques des riverains de la région (Ouled Rahmoun, El Anab…). La tige principale est emportée et ne reste sur le lieu d’abattage que le branchage disséminé après façonnage.

De temps en temps, Ali s’arrêtait un instant pour observer la végétation qui a démarré en cette année précoce. Plusieurs espèces de plantes sont en fleur, on peut citer le Souci, l’Oeillet, l’Asphodèle…en pleine montagne dont le point culminant de la wilaya de Constantine est le djebel Zouaoui à 1320 m, et on se croirait en pleine saison printanière.

Même les essaims des ruches sont en pleine activité et font rentrer du pollen (observation au bois du Mansourah). Pour les pistachiers térébinthe ou de l’Atlas, certains arbres n’ont pas encore perdu totalement leur feuillage, que le bourgeonnement a commencé.

En matière de faune, il a été relevé sur le parcours du massif, beaucoup de crottes de chacal à base de baies de Genévrier oxycèdre, appelé localement « Taga » et une levée d’une petite colonie de six perdrix Gambra seulement, à notre approche.

De ce fait, on ne peut dire que la région est giboyeuse puisque elle est sujette à un braconnage difficile à contrôler dans une région accidentée, enclavée et éloignée. Ce qui n’empêche, l’association El Mebdoue dans ses sorties périodiques, essaie de sensibiliser au mieux la population fréquentant ces lieux pour un comportement plus responsable en matière de délits (coupes, arrachage, braconnage…).

Dans le ciel, quelques rapaces difficilement identifiables, tournoyaient avec le grand corbeau qui devient dominant dans la région d’Ibn Ziad, qui s’adapte bien à la dégradation du milieu au profit d’autres espèces plus nobles en perpétuelle diminution (vautour fauve…).

Arrivé au niveau des jardins naturels du djebel Zououi, Ali était ébloui par la configuration du terrain, très accidenté avec des cavités profondes et une richesse floristique remarquable (fougères, petit houx, acanthe, arum…) et des vues panoramiques sur les territoires de la wilaya de Constantine et de Mila avec un horizon bien dégagé et moins pollué. Ce substrat calcaire a été façonné par le temps par les pluies, les écarts de températures, la végétation qui fait éclater la roche. L’eau de pluie contenant du gaz carbonique dissous la roche calcaire.

Au même titre que la richesse de la végétation, les formes des blocs de roches travaillées par les eaux de pluie sont également exceptionnelles. Aussi, en fréquentant le djebel Zouaoui, il faut emprunter des chemins sécurisés afin d’éviter des éboulis de roche. Aussi, la prévoyance est à observer pour éviter des accidents dommageables.

Toute une richesse du milieu qui mérite d’être approchée par nos universitaires, centres de recherche pour l’inventaire de la biodiversité de la région de Constantine et d’autres richesses également et des moyens à mettre en place par les différentes administrations concernées pour la prise en charge des besoins des populations riveraines pour atténuer la pression sur ce milieu naturel sujet également à un surpâturage ou toutes les pousses de l’année son broutées, pour lequel l’association El Mebddoue a été créée et milite pour sa sauvegarde et sa régénération.

Au retour au centre urbain d’Ibn Ziad, notre observation s’est portée sur la taille des arbres d’alignement qui est mal maîtrisée. Elle est faîte d’une manière très anarchique ou les normes élémentaires de la taille ne sont pas respectées. Après un rabattage excessif de l’année passée, on refait le même travail, au lieu de sélectionner et laisser les branches maîtresses et supprimer toutes les autres branches de faible croissance, tordus…Dans cette opération, toutes les branches sont rabattues presque jusqu’à leur base. Même le badigeonnage des troncs d’arbres à la chaux est excessif, où la couche de cette matière ne fait que s’épaissir faisant une carapace étanche. De même que la terre des réservations est à enrichir, avec des arrosages si nécessaire pour le bon démarrage végétatif des arbres.

Aussi, l’association souhaite que l’APC d’Ibn Ziad l’associe dans les projets relevant de ses compétences (espaces verts, gestion des déchets solides, gravats…, aménagements urbains…) pour une meilleure approche et réussite des projets de la commune.

Fait à Constantine le 3 janvier 2010
par Abdelouahab Karaali