Archive pour la catégorie ‘Retenues collinaires’

Des comportements inciviques qui entravent le développement

Lundi 11 avril 2011

Des comportements inciviques qui entravent le développement

En cette journée printanière du samedi 2 avril, trois membres de l’association « El Mebdoue » de l’environnement d’Ibn Ziad (Constantine) décide d’une randonnée sur le massif forestier de Messaoud Boudjeriou en passant par la retenue collinaire d’Ibn Ziad, afin de relever les richesses floristiques et faunistiques de la région et baliser également des itinéraires de découverte pour les amoureux de la nature.

Au niveau de la retenue collinaire, point de monde au cours de cette matinée, ce qui a permis à notre ami Aïssa de recenser et de photographier la sauvagine présente. Il s’agit surtout de : le foulque macroule, le canard colvert, le grèbe huppé et le gravelot sur les berges… Une bonne note, avec l’installation par endroit d’une végétation aquatique (typha…), les conditions de sédentarisation et de reproduction de certaines espèces d’eau existent,  si on leur assure la quiétude.

Néanmoins, une fausse note pèse sur cet ouvrage hydraulique, par la pollution  par des déchets hétéroclites occasionnée par les riverains, les visiteurs de plus en plus nombreux sur ce site. Aussi, on décide de réactiver l’idée d’organiser une journée de volontariat lors du 5 juin prochain, en associant l’administration, l’APC et les citoyens pour la préservation de la ressource hydrique de la région, sous utilisée actuellement, alors qu’elle peut permettre le développement de l’arboriculture fruitière sur les terres environnantes, les luzernières pour l’amélioration de la production laitière…

On continue notre marche, en longeant les parcelles de céréales, tout en observant et photographiant les richesses de ce milieu. Sur ce point, Ali, le président  de l’association ne laisse rien passer sur notre passage. Dans le ciel, certains rapaces sont présents comme l’aigle botté ou le faucon crècerelle.

La traversée de la forêt de pin d’Alep  a été enrichissante pour nous dans ce relief envoûtant et remarquable. Au bas, la localité de Messaoud Boudjeriou qui s’étire tout le long de la rue principale. Aussi, on décide de ne pas descendre dans le brouhaha de la ville et de contourner cette agglomération par les hauteurs pour nous diriger vers la sortie de ce centre urbain. De ces sommets, les paysages environnants sont magnifiques et riches de couleur et de forme.

Sur notre évolution, on emprunte un tronçon de route désaffectée. De par et d’autres, des champs de céréales, lentille et pois chiche bien tenus. Nous sentons une bonne présence sur le terrain. En effet depuis ces dernières années, avec l’aide des différents programmes de l’Etat, les gens redécouvrent leurs terres et s’investissent pleinement dans l’agriculture. Cas du programme de l’oléiculture sur la route de Jijel.

Ces efforts qui se créent à Messaoud Boudjeriou et ailleurs sur le territoire national, sont contrariés par les décharges sauvages qui souillent notre environnement et dévalorisent notre pays.  Alors que ce tronçon de route qui devient dépotoir, est fréquenté par des familles qui viennent passer un après-midi printanier avec leurs enfants.

Le cas de la commune de Messaoud Boudjeriou dans la wilaya de Constantine est malheureusement répandu à travers toutes les régions du pays. Aussi, toute initiative pour minimiser cette contrainte sur nos différents milieux urbains ou ruraux est à encourager pour assurer un développement cohérent entre les différents secteurs.

Fait à Ibn Ziad, le 4 avril 2011
Contribution citoyenne par Abdelouahab Karaali
Membre de l’association « El Mebdoue » pour l’environnement

L’arbre dans le développement et l’épanouissement social

Dimanche 7 février 2010

En effet, l’arbre est utile en tout point de vu, mais malheureusement il ne trouve pas une grande place dans notre environnement. Même nos exploitations agricoles ne donnent pas un grand intérêt à cette espèce ligneuse, qui nécessite savoir et engagement pour un résultat positif, que peu d’agriculteurs veulent consentir.

A part la commune de Hamma Bouziane qui a un antécédent et des conditions édaphiques, climatiques et hydriques, qui étaient plus favorables dans ce domaine, les autres communes sont dans la plupart dépourvues de la culture de l’arbre. Les projets réalisés du temps de la révolution agraire ou même dans les derniers programmes de développement n’ont pas été d’une grande réussite, voir le cas d’Ibn Ziad qui est édifiant (plantations d’amandiers vieillissantes, délaissées ou arrachées sans renouvellement…) alors qu’une bonne partie de ses terres non viables pour la céréaliculture pourrait être versée à l’arboriculture moyennant un investissement dans la mobilisation de l’eau. Une retenue collinaire nouvellement réalisée n’a pas permis pour l’instant de voir la réalisation de vergers…

Donc, en dehors de la région de Hamma Bouziane qui connaît un essor en la matière sur l’axe routier Constantine-Mila, il est rare de trouver de vergers modèles, malgré les différents investissements réalisés par l’état pour le développement de cette filière, à part quelques exceptions à Aïn Abid, Ouled Rahmoun et Aïn Smara bien réussis par leurs propriétaires avec un encadrement et un dévouement à la hauteur du résultat obtenu avec des techniques de pointe dans l’installation de l’arbre fruitier, de sa conduite et du système d’irrigation et de la qualité de la production.

Mêmes les fermes pilotes qui doivent être à l’avant-garde du développement agricole n’ont pas fait à mon avis, un effort louable pour la pratique de cette culture pérenne qui offre beaucoup de débouchés pour le marché national et la création d’emplois permanents et saisonniers avec une meilleure qualification de la main d’œuvre ordinaire (taille, greffage…) et aussi des possibilités futures de développement de l’agroalimentaire.

Cette situation s’explique de plusieurs manières :

  • absence de la culture de l’arbre, l’intéressement va à la céréaliculture et à l’élevage ovin…et la recherche surtout du gain facile sans effort à l’œuvre.
  • manque de professionnalisme de nos agriculteurs et peu d’investissements financiers dans les projets agricoles.
  • contraintes techniques, administratives… Cas des EAC
  • contraintes hydriques, facteur limitant à la pratique de l’arboriculture…

Constantine étant une wilaya performante en céréaliculture, gagnerait également beaucoup en misant dans l’arboriculture fruitière (olivier, raisin de table, caroubier, noyer…à titre indicatif), pour améliorer les revenus des agriculteurs, une meilleure utilisation des sols en fonction de leurs caractéristiques, une diversification de la production agricole au bénéfice de l’agriculteur et de l’économie du pays, et un nouveau visage plus attrayant de nos campagnes et de la lutte contre la déperdition et l’appauvrissement des sols par le phénomène de l’érosion hydrique ou éolienne, en renforçant la protection des sols par des ouvrages antiérosifs tels que les murettes en pierre sèche selon les courbes de niveau, voir aussi les travaux de défense et restauration des sols (DRS) qui ont été abandonnés totalement, à part la correction torrentielle par le gabionnage.

Une intensification de l’arboriculture pourra être réalisée sans contrainte sur les terres à faible rendement céréalier ou marginales se situant au pourtour des retenues collinaires de la wilaya avec l’utilisation du goutte à goutte dans l’économie et la préservation de la ressource hydrique et le maintien de la sauvagine sur les plans d’eau.

A Constantine, nous rencontrons également de grands apiculteurs qui développent leur activité surtout sur la bande du littoral de l’Est du pays par le biais de la transhumance ainsi que de petits apiculteurs également à travers certaines communes de la wilaya de Constantine. On peut citer El Khroub, Didouche Mourad, Constantine…aussi il serait utile d’enrichir notre environnement par la plantation des espèces mellifères qu’elles soient arbres, arbustes, arbrisseaux…le long des voies de circulation, comme brises vent autour des parcelles agricoles, création de bosquets sur les parcelles de faible valeur agricole, le long des chaabâthes…afin d’améliorer les potentialités nectarifères et de pollen de notre région pour un meilleur rendement de miel par ruche installée.

Les espèces à préconiser sont très diverses et nous disposons d’une gamme très importante que les pépiniéristes confirmés, pourrait guider dans le choix des espèces à utiliser (richesse variétale d’eucalyptus sur sols pauvres ou à stabiliser, tilleul espèce en voie de disparition à Constantine à réhabiliter, bigaradier, kolatier, romarin, lavande…).

Une contribution citoyenne dans le reverdissement de nos campagnes trop marquées par la monoculture de la céréaliculture bien visible après les moissons.

Fait à Constantine le 4 février 2010
Par Abdelouahab Karaali

Pour une utilisation rationnelle de l’eau des retenues collinaires

Lundi 20 juillet 2009

Oui, l’eau est essentielle pour le développement de l’agriculture dans le cadre de sa durabilité avec un impact positif sur l’économie d’un pays, la création d’emplois, l’amélioration des conditions de vie des populations rurales…Cas de l’Algérie.

Les retenues collinaires, d’un investissement peu coûteux par rapport aux grands ouvrages hydrauliques, sont une solution pour la mobilisation de l’eau pour la diversification de l’agriculture et l’amélioration des rendements avec l’utilisation des nouvelles techniques d’irrigation que constitue « le goutte à goutte » dans  l’économie de l’eau, la préservation de ces ressources, la conciliation de l’aspect agricole avec l’aspect écologique, environnemental et même touristique.

En effet, les retenues collinaires sont des lieux de vie pour les oiseaux d’eau, espèces sédentaires ou de passage venant du nord ou du sud du globe…Cette sauvagine bien protégée, constituera une richesse dans l’attrait de nos régions en matière de curiosité, de culture, de science et de connaissance des milieux naturels et de données climatiques…ainsi que de l’enrichissement des écosystèmes et de la biodiversité de nos territoires.

Malheureusement, la gestion de ces ouvrages se pose avec acuité par l’absence d’une règlementation claire et complète, de délimitation de périmètres d’irrigation, d’organisme de gestion…, elles sont sujettes à une exploitation anarchique et utilisées par les spéculateurs qui louent pour une saison les terres proches de ces réservoirs pour des cultures spéculatives et exigeantes en eau et sans aucun dispositif de recherche d’économie d’eau. Cas de la pomme de terre, les pastèques…avec une concurrence féroce entre les différents utilisateurs, à celui qui pompera le plus d’eau.

En une saison, les volumes emmagasinés sont dilapidés et les retenues sont généralement asséchées ainsi, chaque fin d’année. Cas de la grande retenue collinaire d’El Haria, commune de Benbadis qui est vidée de cette manière depuis 1995 avec des conséquences dramatiques sur la sauvagine, les poissons…l’aspect paysager et de manque de réserve en eau, en cas de besoin  impérieux (sinistre, catastrophe naturelle…)

Une utilisation réfléchie et durable de l’eau par le système de goutte à goutte peut permettre l’installation de cultures pérennes comme l’arboriculture fruitière où nous avons une grande diversité qu’on peut développer comme l’olivier, espèce stratégique et utile pour l’autosuffisance du pays en huile d’olive et l’utilisation adéquate des sols, ainsi que le reverdissement des milieux agricoles, devenus monotone par la suprématie des céréales sur tout type de sol, surtout après les moissons.

En matière d’amélioration de la production laitière, on peut réintroduire les luzernes, espèces végétales pérennes ,exploitables pendant une durée de cinq années , riches en matière azotée digestible (MAD) qui améliorent la qualité et la quantité en lait surtout durant la période d’été ou début d’automne où les fourrages en vert ne sont pas disponibles, et cela pour maintenir la production durant la saison sèche et la cadence de travail des unités laitières en lait et dérivés ainsi que la satisfaction des besoins des citoyens.

Un autre point à signaler, aussi important, est relatif à l’entretien et à la maintenance de ces ouvrages. En effet, des retenues sont dans un état de dégradation avancée (ravinement, fuite d’eau…). Cas des retenues collinaires d’El Biar, Tassinga…dans la wilaya de Constantine. Même les digues sont parfois menacées par des labours rapprochés. Cas de la retenue collinaire de Salah Derradji, commune du Khroub ou par l’envasement. Cas de la retenue de Bounouara, commune d’Ouled Rahmoun, qui est entièrement envasée.

Les retenues collinaires en appoint pour l’AEP. Cas de la retenue collinaire de Berla, commune de Aïn Smara qui est utilisée en partie pour l’eau potable, en cas de besoin.

Donc, les retenues collinaires peuvent constituer des réserves stratégiques pour l’alimentation en eau des populations, des cheptels…en cas de sécheresse prolongée.

Pour la sauvagine, à titre indicatif, sur le site de Djebel Ouahch à Mestaoua (4e lac), nous avons recensé trois (3) espèces d’oiseaux d’eau qui sont sédentaires : canard colvert, foulque macroule et grèbe castagneux.

D’autres espèces sédentaires ou de passage peuvent être observées dans le cas où cette sauvagine n’est pas dérangée dans sa quiétude. Tandis qu’à Berla, la faune aquatique est nombreuse et, serait plus diversifiée si elle était mieux protégée.

Contribution citoyenne par Abdelouahab Karaali en date du 16/5/2009
Membre de l’association « El Mebdoue » pour l’environnement d’Ibn Ziad