Archive pour la catégorie ‘Randonnées’

Des comportements inciviques qui entravent le développement

Lundi 11 avril 2011

Des comportements inciviques qui entravent le développement

En cette journée printanière du samedi 2 avril, trois membres de l’association « El Mebdoue » de l’environnement d’Ibn Ziad (Constantine) décide d’une randonnée sur le massif forestier de Messaoud Boudjeriou en passant par la retenue collinaire d’Ibn Ziad, afin de relever les richesses floristiques et faunistiques de la région et baliser également des itinéraires de découverte pour les amoureux de la nature.

Au niveau de la retenue collinaire, point de monde au cours de cette matinée, ce qui a permis à notre ami Aïssa de recenser et de photographier la sauvagine présente. Il s’agit surtout de : le foulque macroule, le canard colvert, le grèbe huppé et le gravelot sur les berges… Une bonne note, avec l’installation par endroit d’une végétation aquatique (typha…), les conditions de sédentarisation et de reproduction de certaines espèces d’eau existent,  si on leur assure la quiétude.

Néanmoins, une fausse note pèse sur cet ouvrage hydraulique, par la pollution  par des déchets hétéroclites occasionnée par les riverains, les visiteurs de plus en plus nombreux sur ce site. Aussi, on décide de réactiver l’idée d’organiser une journée de volontariat lors du 5 juin prochain, en associant l’administration, l’APC et les citoyens pour la préservation de la ressource hydrique de la région, sous utilisée actuellement, alors qu’elle peut permettre le développement de l’arboriculture fruitière sur les terres environnantes, les luzernières pour l’amélioration de la production laitière…

On continue notre marche, en longeant les parcelles de céréales, tout en observant et photographiant les richesses de ce milieu. Sur ce point, Ali, le président  de l’association ne laisse rien passer sur notre passage. Dans le ciel, certains rapaces sont présents comme l’aigle botté ou le faucon crècerelle.

La traversée de la forêt de pin d’Alep  a été enrichissante pour nous dans ce relief envoûtant et remarquable. Au bas, la localité de Messaoud Boudjeriou qui s’étire tout le long de la rue principale. Aussi, on décide de ne pas descendre dans le brouhaha de la ville et de contourner cette agglomération par les hauteurs pour nous diriger vers la sortie de ce centre urbain. De ces sommets, les paysages environnants sont magnifiques et riches de couleur et de forme.

Sur notre évolution, on emprunte un tronçon de route désaffectée. De par et d’autres, des champs de céréales, lentille et pois chiche bien tenus. Nous sentons une bonne présence sur le terrain. En effet depuis ces dernières années, avec l’aide des différents programmes de l’Etat, les gens redécouvrent leurs terres et s’investissent pleinement dans l’agriculture. Cas du programme de l’oléiculture sur la route de Jijel.

Ces efforts qui se créent à Messaoud Boudjeriou et ailleurs sur le territoire national, sont contrariés par les décharges sauvages qui souillent notre environnement et dévalorisent notre pays.  Alors que ce tronçon de route qui devient dépotoir, est fréquenté par des familles qui viennent passer un après-midi printanier avec leurs enfants.

Le cas de la commune de Messaoud Boudjeriou dans la wilaya de Constantine est malheureusement répandu à travers toutes les régions du pays. Aussi, toute initiative pour minimiser cette contrainte sur nos différents milieux urbains ou ruraux est à encourager pour assurer un développement cohérent entre les différents secteurs.

Fait à Ibn Ziad, le 4 avril 2011
Contribution citoyenne par Abdelouahab Karaali
Membre de l’association « El Mebdoue » pour l’environnement

Randonnée de Bab El Kantara à Ibn Ziad par le djebel Kerkera

Vendredi 3 septembre 2010

En ce matin du lundi 24 mai 2010, on se rencontra Aïssa Filali et Abdelouahab vers 7h00 du matin à la station de bus d’El Kantara. Après les salamalek d’usage, je pris l’initiative de l’itinéraire vers ce djebel, que notre écrivain Malek Haddad, décrit le mont Chettaba comme une gigantesque baleine violette, dans son livre Le quai aux Fleurs ne répond plus.


Le djebel Kerkera en arrière plan  » tel une baleine qui sort sa tête de l’eau  » (en mémoire à notre écrivain Malek Haddad).

Par le passé, j’avais eu à accéder à cette montagne dans le cadre des incendies de forêts, et je la trouvai envoutante avec de beaux panoramas sur la région. Aussi, j’étais content de retourner sur ce site, pour mieux le connaître et l’apprécier avec mon ami Aïssa.

Avec une marche énergique, on passa par le pont de Sidi Rached, la place des Martyrs, l’avenue Belouizdad, les cimetières, le quartier populaire El Manchar. Là, on découvrit un petit café avec un certain charme, plantes grimpantes et des tables à l’extérieur. On s’assit, Aïssa prit son petit déjeuner, quant à moi un café presse, que je dégustai en lisant le journal.

Puis des achats pour notre déjeuner en pleine nature et on reprit notre chemin, en passant successivement par le marché et les habitations de la cité El Bir. La veille, il avait plu et le sol était mouillé. Sur la dernière rangée de maisons, on observa des hirondelles avec un nid en terre, en dessus d’une boîte de dérivation et dans le coin. Aïssa, tira son appareil de sa sacoche et prit plusieurs photos de cette espèce qui avait désertée le milieu urbain pour des lieux plus cléments de la périphérie de la ville. C’est ce que j’avais observé auparavant dans le quartier de Chaabathe er sass.

Pour déboucher à la pleine nature, plus qu’un obstacle, on devait traverser une chaabathe sinueuse. Alors qu’on était au bout de notre effort, Aïssa glissa sur une pierre et tomba en plein dans le cours d’eau. Plus de peur que de mal, son caméscope a été épargné et ses vêtements légèrement mouillés avec une eau boueuse.

Delà, on quittait la ville et notre escalade commençait à travers les terrains de culture, collines quand Aïssa observa un chacal ou renard. Le temps de l’observer, il était déjà parti à travers les grandes herbes sans laisser de trace de sa direction. Notre forestier s’approcha du lieu où il l’avait vu et finit par trouver son refuge.

Sur notre parcours des bergers avec leurs vaches ou moutons en compagnie des hérons garde-bœufs. Une image ou plusieurs images insolites qu’on n’avait pas pu photographier, à savoir le héron sur une vache ou un mouton.

En dehors des céréales, le sainfoin à l’état spontané était prépondérant par endroit et selon les saisons. Cas de la région de Békira, certains talus sur la route vers Ibn Ziad. Avec ses fleurs de couleur rouge, en mélange avec d’autres plantes, on avait des compositions florales magnifiques avec une multitude d’insectes qui butinaient ces espèces pour la plupart mellifères.

La forêt du Djebess était devant nous. Aussi, je prenais la décision de la longer sur son côté gauche, afin de faciliter notre progression vers le djebel Kerkera et des observations sur ce massif forestier pour Aïssa et moi-même. Sur notre parcours, il y avait des maisons éparses qu’on devait également contourner. Heureusement, que durant notre progression, il n’y avait point de chiens, qui auraient pu freiner notre marche.

La forêt du Djebess a des reliefs exceptionnels avec un bon réseau de piste qui permet de circuler facilement à travers ce massif de la banlieue de Constantine, que l’association El Mebdoue veut inclure dans son projet de réserve naturelle de djebel Zouaoui. L’espèce qui domine dans ce boisement est le pin d’Alep, espèce résineuse très sensible au feu. Cas de la forêt méditerranéenne dans son ensemble, qui nécessite une meilleure protection pour sa pérennité. Aussi, des travaux d’éclairci, d’élagage sont réalisés pour prévenir ou atténuer les feux de forêts.

Une carrière désaffectée avec une bonne falaise, au milieu de ce boisement peut servir aux exercices d’escalade aux clubs versés dans cette pratique comme Grimp de la Protection civile.

La progression était pénible dans une évolution en ascension et le soleil commençait à taper fort. N’empêche que le moral était au beau fixe et on était content d’être là, d’avoir décidé d’explorer le djebel Kerkera et de continuer jusqu’à Ibn Ziad, en traversant la canton de M’ghraoual de la forêt domaniale de Chettabah, El Azib …pour être ensuite dans l’agglomération de l’ex-Rouffach.

La flore est très riche, certaines espèces sont rares comme l’Iris jaune (Iris Pseudoacorus) ou Souçane el asfeur, appellation locale ; d’autres par contre sont colonisatrices. On peut citer à titre d’exemple la Centranthe (Centranthus ruber) ou Nouar el bellaredj, appellation locale. La richesse de la flore est telle, qui lui faudra consacrer toute une étude, avec la publication de livres appropriées pour l’enrichissement de nos bibliothèques et mettre l’information à portée des utilisateurs.

A ce sujet, l’association aimerait créer tout un musée de la nature où toutes les données de la région seront répertoriées et documentées afin d’offrir aux chercheurs, étudiants…les données nécessaires à leur besoin et également une meilleure connaissance du milieu pour sa préservation et sa gestion.


Flore remarquable qui mérite d’être connue, préservée et développée à divers usages (médicinales, ornementales…)

Pour arriver au pied du djebel Kerkera, on devait franchir un maquis de chêne vert dense sur un terrain très accidenté. Chacun de nous avait pris le chemin qui lui convenait, pour être un moment plus tard, dans une zone dégagée au pied de notre montagne.

Pas de répit, on devait continuer notre marche. Aïssa, plus en forme, était au devant, quant à moi, je commençais à ressentir la fatigue, surtout que le cheminement sur ce versant était trop abrupt et avec une multitude d’affleurement rocheux ou il est difficile de marcher. Après tant d’effort, je devais marquer une pose bien méritée. Ce que Aïssa fit également un peu plus haut que moi. Delà, nous commencions à dominer toute la région de Constantine et de ses tentacules dévoreurs de l’espace rural (djebel Ouahch, Gamasse, plateau de Aïn El Bey, Boussouf, Cité El Bir, Benchergui…).

On prit la ligne de crête comme direction d’ascension, en dessus de la carrière d’agrégats. Delà également, on avait de beaux panoramas sur la région de Zighoud Youcef, Didouche Mourad, piémonts de djebel Ouahch, les jardins de Hamma Bouziane envahis par le béton tel un cancer au stade terminal. Néanmoins, une bonne note, la cimenterie ne dégageait aucune fumée !

A partir de ce moment, plus de trace de Aïssa, il cheminait seul vers le sommet, quant à moi, je faisais un grand effort pour continuer cette escalade au milieu des rochers, qu’il était difficile de franchir. Mais, je maintenais mon effort dans l’ascension car je ne devais pas et je n’avais pas le droit de flancher, pour ne pas faire capoter cette randonnée. Doucement, j’arrivais à maintenir le rythme et je rejoignis mon ami.

Aïssa étant arrivé au sommet, il prenait des photos sur les alentours et il filmait également un aigle royal qui volait sur nos têtes.

Au lieu de pose, au sommet de la ligne de crête, nous faisons une halte pour prendre notre déjeuner, près d’une bâtisse en ruine ou il ne restait plus que les fondations en pierres et briques pleines de couleur rouge.

Ayant sorti, les provisions de son sac en plastique, ce dernier prit son envol, car le lieu de la halte est à découvert et est très vanté. Pas de trace de cet objet encombrant dans les alentours et Aïssa était peiné d’avoir profané ce bout de nature épargné des déchets urbains, qui sont devenus une hantise pour nos élus dans leur gestion quotidienne.

Le déjeuner fut vite pris sur ce sommet paradisiaque et j’avais profité de cet instant pour me faire photographier par Aïssa sur ses ruines avec en arrière plan la ville de Constantine, comme souvenir de passage sur ces lieux, pour mon album photo et documentation sur les milieux naturels d’Algérie. A cette halte, un percnoptère solitaire était passé sous nos têtes en direction de Hamma Bouziane, avec un horizon tumultueux qui perd depuis un certain de sa limpidité…

Aïssa fit sa prière et on reprit notre chemin d’exploration de ce djebel de Kerkera, qui est devenu dénudé par les incendies des trois (03) dernières décennies. Ils persistent une végétation secondaire au milieu des cavités à travers toute l’étendue de la montagne. Pour le chêne vert, sa présence s’est réduite considérablement, même sur le versant ouest ou il était prépondérant.

Un incendie sur ces lieux, il est difficilement maîtrisable par un accès difficile ou seul l’avion pourrait apporter des résultats positifs mais malheureusement notre pays ne possède pas ce moyen de lutte, qui est devenu nécessaire pour combattre ce fléau, qui menace sérieusement notre patrimoine forestier à travers le pays.

Aïssa commençait à ressentir la fatigue. Aussi, je l’encourageais pour qu’il maintienne la route. Notre progression se faisait sur le versant Ouest, avec des vues superbes sur Ibn Ziad, Aïn Tinn, Grarem, les gorges de Tiddis, Azeba Lotfi…Point de sortie par la présence d’une falaise à notre droite, on continuait à marcher sur le djebel Kerkera dans sa longueur, pour atteindre le canton de M’graouel de la forêt de Chettabah. Delà, le relief était moins accidenté, on traversa un maquis dense puis la forêt de pin d’Alep pour aboutir à des enclaves agricoles. Aïssa reprenait des forces après avoir traversé péniblement les différents obstacles.

Maintenant, le terrain était dégagé. Mon collègue profita pour prendre une série de photos sur cette montagne avec les différents peuplements forestiers. Egalement sur cette itinéraire, des photos sur des oiseaux. Il était ravi de découvrir la richesse de ce milieu en oiseaux, et d’épingler sur son calepin d’autres noms de volatiles.

Au bout d’un chemin, on arriva à El Azib. A proximité du point d’eau, il y avait notre ami Zoubir qu’on salua.

Après s’être désaltéré, un brin de toilette et les réserves en eau, on reprit notre chemin sur Ibn Ziad par la route goudronnée. Au bout d’un quart d’heure de marche, un véhicule s’arrêta à notre signal et nous voilà soulagé jusqu’au centre urbain de fin de notre randonnée. L’automobiliste qui nous prit avec lui était content de nous montrer les belles pommes de terre qu’il venait d’acheter auprès des fellahs de la mechta d’El Azib. J’en profitai pour informer notre ami et président Ali de notre arrivée, après l’avoir informé de notre départ dans la matinée.

Notre rendez-vous était fixé au café de El Hachemi. Ce qui fût fait au bout d’un instant par notre ami du jour, qu’on salua chaleureusement. On rentra au café, une limonade et gâteau pour Aïssa et un café pour Abdelouahab.

Après avoir repris nos forces, notre ami ne songea plus qu’a rentré. A l’arrivée du bus sur Constantine, Aïssa s’empressa de monter et je le suivis. Aussi, j’avais tenu à informer Ali de notre départ précipité…

C’est ainsi que se termina notre très belle randonnée à 16h00 de l’après-midi.

Aussi, j’invite les gens de Constantine et d’Ibn Ziad ou d’ailleurs…de faire de même et de nous faire part de leur découverte, sensation… par des articles, reportages cinématographiques… n’est ce pas Abdelaziz !

Fait à Constantine le 12 juin 2010
Dans le cadre d’une contribution citoyenne
sur les milieux naturels d’Algérie
Par Abdelouahab Karaali

Randonnée à Oum Settas, 2ème sanctuaire de la biodiversité de Constantine

Vendredi 3 septembre 2010

Quelle coïncidence, en ce jour du 16 avril 2010, journée de « Youm El Ilm », nous voilà sur le chemin de la découverte de ce grand massif montagneux « Oum Settas », que l’on arrive à dominer que par les photos satellitaires, que les mines des carrières essaient de détruire de tout part, sur toute sa périphérie et même en plein dans ses entrailles ?

Donc le vendredi 16 avril, alors que la ville de Constantine et sa région dormaient avec ses habitants, à trois, l’un de la périphérie de Hamma Bouziane, Aïssa Moukhtari notre horticulteur, le deuxième du Gamasse, Aïssa Filali le forestier et Abdelouahab Karaali le vétéran du groupe se rencontrent de bon matin, soit à 7h00 à la nouvelle gare routière du Khroub. Un taxi et nous voilà une demi-heure plus tard à l’entrée de l’agglomération de Benbadis.

De là, plus de véhicule, plus de route goudronnée insistent notre forestier et Abdelouahab. Notre horticulteur et paysagiste, après une mise au point, nous trace notre chemin vers le djebel d’Oum Settas. Pour cela, nous devons contourner le Centre d’enfouissement technique (CET), dont le premier casier achevé, commence à recevoir les déchets de Constantine et certainement d’autres localités !

La partie supérieure de cet équipement n’étant pas encore entièrement clôturée, ne permet pas d’isoler pour le moment, la faune domestique et non domestique des déchets. En espérant que cette contrainte dommageable pour la faune soit réglée, pour préserver le milieu de cette contrainte des temps modernes, qui tend à se généraliser à travers le pays, où même la cigogne blanche y vient, pour se nourrir et entache sa robe blanche de noirceur…

Sur le parcours, équipé d’appareils photos…nous prenons diverses photos sur le milieu, les paysages, les plantes…aucun indice intéressant n’est délaissé. Des échanges d’informations utiles se font entre les éléments du groupe (appellation de plantes dans la localité, phytothérapie, désignation des sites traversés…). Beaucoup d’informations à assimiler en peu de temps. On est débordé par la quantité de données sur ce milieu naturel, de son histoire…Mais, nous faisons un effort pour assimiler l’essentiel de ce que nous nous transmettons mutuellement.

A l’entrée d’une vallée, nous voilà arrivés sur les terres de la famille maternelle de Aïssa, en dessous d’une crête. La première chose que l’on voit est un jardin clôturé avec des arbres fruitiers, fèves, petits pois…et un point d’eau avec un tuyau en plastique qui alimente plus loin les maisons des parents de Aïssa.

Pendant que nous nous désaltérons Aïssa le forestier et moi, avec un moment de repos, notre benjamin alla rendre visite à sa famille. Au loin, une meute de chiens aboie avec la présence d’un jeune. Notre forestier, profitant de cette pose méritée, continua à découvrir ce milieu et à prendre des photos, surtout, sur les fleurs qui s’épanouissent en cette période printanière au piémont du djebel d’Oum Settas.

Après une brève absence, Aïssa nous rejoint et nous informa que les chiens de la mechta ont mis à mort un chacal, de bonne heure le matin. Il appela son cousin, qui était en compagnie des canidés et il nous montra le cadavre éventré du chacal. Au ciel, les grands corbeaux (Corvus corax) tournoyaient et attendaient notre départ, pour continuer à festoyer de ce cadavre, encore plein de sang.

A partir de ce moment, les choses sérieuses commençaient pour nous. Maintenant, on s’attelait à une vraie ascension de nos montagnes d’Algérie. Cette journée était légèrement froide et humide avec un brouillard dense dans le massif, dans sa partie nord. Les reliefs de substrat calcaire étaient pittoresques par leurs formes, leurs couleurs, la végétation qui s’agrippait par endroit à la paroi.

Des caractéristiques du site, on est dans le fief des rapaces et charognards. Pour le vautour fauve (Gyps fulvus) qui était très présent dans la région, il est devenu rare depuis le transfert des déchets de Constantine dans la région de Benbadis, qui a vu la naissance d’un grand dépotoir, qui a porté un coup certain à ce site exceptionnel, qu’il faudra maintenant réhabiliter avec la mise en exploitation du CET.

Pour la flore, c’est l’aire du chêne vert en association avec l’aubépine. Par contre au djebel Zouaoui, commun à Ibn Ziad et Aïn Smara, c’est l’aire du chêne vert également en association avec le genévrier oxycèdre. Sur tout notre parcours, on a relevé que deux (02) jeunes sujets de moins de 1 mètre de cette dernière espèce. Une énigme à élucider et l’exploration d’Oum Settas ne fait que débuter, puisque c’est notre première sortie dans ce site imprenable, par sa masse imposante.

A notre ascension, la grande falaise était à notre gauche, envahie donc par un brouillard très dense. Delà, pour atteindre notre objectif, à savoir la traversée en partie du massif dans son axe nord-sud, nous nous sommes éloignés de la barrière et nous prîmes le cheminement vers la droite, le versant qui surplombe et domine l’axe routier El Khroub–Benbadis et les premières carrières de ce massif sur cette commune.

De belles vues sue la ville de Benbadis, la retenue collinaire et même sur Constantine, avec un horizon légèrement brumeux, une visibilité moindre. Sur notre itinéraire, toutes les cavités étaient passées au peigne fin, même le passage de certains animaux était relevés grâce à la maîtrise de l’étude des traces et de la manière que la terre a été retournée à la recherche de tubercule, racines, parties utiles de plantes pour se nourrir, par notre horticulteur. Cette région lui est très familière et nous relate ses sorties dans ces lieux pendant sa tendre jeunesse.

A 11h30, c’est la pause déjeuner, sur un rocher qui domine la carrière de Benbraham et l’ex-asile de vieillard de Benbadis… Alors, qu’on commençait à faire nos casses croûtes à base de fromage et de cachir, à notre gauche sur la ligne de crête rocheuse, à moins de 500 mètres de nous, un chacal nous épiait pendant une partie de temps qu’aura duré notre repas. Au ciel également, un beau spectacle puisque un couple de Milan Royal (H’daya) faisait une démonstration de leur maîtrise des airs. Sur les axes routiers, la circulation était presque à l’arrêt en cette mi-journée de vendredi, jour de repos et de prière. Même les carrières faisaient une trêve à cette partie de la journée.

A notre départ de ce lieu, ne restait de traces de notre passage, que la mie et morceaux de pain qu’on a laissés à notre aimable visiteur du jour ou peut être pour les grands oiseaux qui faisaient la parade dans le ciel.

A partir de ce lieu également, la végétation ligneuse commençait à se raréfier. Ce plateau est une zone de parcours à base de plantes annuelles (graminées et autres), très caillouteux, avec affleurements rocheux, où il est difficile de marcher. A chaque instant, on peut tomber et se fracturer. C’est ce qui caractérise toute cette traversée. Plus loin, en altitude, la végétation reprenait ses droits. De cette station, on avait une vue sur la région de Bounouara et de sa région ainsi que d’une grande carrière au pied d’un petit massif dénudé, qui n’est pas visible par l’axe routier El Khroub- Aïn Abid.

Sur cette zone également, c’est un lieu d’histoire livré à l’abandon et à la destruction. En effet, les dolmens sont vandalisés par la fouille des tombes et la détérioration de ces monuments mythiques. Rares sont les dolmens qui sont encore en bon état et si rien n’est fait, il ne restera plus que des tas de grosses pierres.

Il est 3h30, le groupe commence à patiner surtout pour notre forestier. Il s’est cogné à un rocher ou a reçu une épine profonde au niveau d’un membre inférieur et la marche pour lui, devient pénible.

En progressant, nous entamâmes une pente et la végétation était devenue plus dense et plus variée. Tout le groupe fût attiré par la présence d’un couple de Huppe fasciée (Upupa epops) qui est signalé comme oiseau migrateur et qui vient en Algérie pour se reproduire. De cette partie luxuriante et afin de commencer à trouver un chemin de sortie de ce grand massif constantinois, nous nous approchâmes du versant qui domine la route El Khroub. Et delà, nous commençâmes à descendre ce versant abrupt, avec une multitude de carrières à l’aval.

Péniblement, on se frayait notre chemin dans cette rocaille et végétation sauvage quand notre regard fût attiré une seconde fois par de grands oiseaux, qui dominaient les cieux. Il s’agit de plusieurs couples de Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) titillés par le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Là, il doit s’agir du territoire de nidification de ces charognards, à proximité de l’assiette de concession de carrière, délimitée par de grands fûts. Donc, à moyen terme cet habitat sera détruit par l’exploitation de la carrière. L’espace de nos rapaces se réduit et la pollution du milieu influent directement sur ces espèces, qui sont au sommet de la chaîne alimentaire, par leur diminution et même disparition à court et moyen terme, si ces habitats ne sont pas protégés par la loi.

Au bas du talus, nous débouchâmes sur l’une des carrières, qui ne font que ceinturer ce grand massif. Depuis, un certain temps, les concessions pleuvent à un rythme accéléré et ce milieu ne devient que détonation et poussière. Même un figuier, qui n’a pas perdu son feuillage, ses feuilles sont recouvertes par une carapace formée de poussières de roche. Les alentours des concasseurs sont jonchés par une épaisse couche de poussière très fine. Elle doit être très nocive pour les travailleurs dépourvus de protection adéquate. (Voir le drame des tailleurs de pierres de T’kout dans la wilaya de Batna).

A la sortie des carrières, une source imposante à fort débit, sous l’ombrage d’un grand platane majestueux, avec un grand port. On profite pour se rafraîchir et remplir nos bouteilles en plastique qu’on ramène avec nous à la maison, pour échapper un moment de l’eau de la ville. Maintenant, en Algérie, les gens pour l’eau de boisson, il préfère s’alimenter au niveau des sources de leur région pour diverses raisons…

La sortie étant terminée, le calvaire pour rentrer à Constantine a commencé. On est vendredi et il est 17h00 de l’après-midi, devant une station de bus sur l’axe routier Benbadis-El Khroub, et le ciel est voilé de nuages denses et noires, une averse importante peut tomber d’un moment à l’autre. Aussi, à chaque vue d’un véhicule, on essaie de faire de l’auto-stop. Il a fallu, au moins une durée d’une demi-heure d’attente, pour qu’un jeune seul dans son véhicule, s’arrête et nous prend avec lui jusqu’à El Khroub.

Arrivé à l’agglomération, de l’un des grands souks d’Algérie, la pluie, une forte averse commença à tomber. Avant d’arriver à dénicher un café, on était déjà trompé. On était tout mouillé lorsqu’on est rentré dans un établissement. Café, limonade, gâteaux, chacun selon ses goûts et habitudes et on reprit le calvaire du retour.

Sur la rue principale, à la sortie de la ville, on commença de nouveau à faire de l’auto-stop, car au niveau de la station de bus proche, il n’y avait plus de départ sur Constantine, malgré la présence d’une foule importante, point de service public. La pluie continuait à tomber par intermittence et on était mouillé. Lorsqu’on commença à se lamenter, une connaissance de notre horticulteur s’arrêta et il nous prit avec lui vers la ville du Vieux Rocher

Tout le groupe était content après une journée bien remplie dans le massif d’Oum Settas. Cette sortie et ce compte rendu sont des messages aux parties concernées, pour une meilleure maîtrise du terrain, à savoir protection de nos ressources naturelles et développement. D’après de ce que nous avons pu observé sur le terrain, avec une meilleure connaissance des différents composants du massif, il est possible de dégager des sites exclusivement pour les concessions des carrières d’agrégats, qui sont déjà nombreuses qu’il faudra optimiser leur rendement et le processus d’extraction pour diminuer les nuisances et sauvegarder également ce grand sanctuaire de la biodiversité de la région de Constantine au même titre que le site de djebel Zouaoui et sa région.

De cette approche citoyenne et responsable, notre wilaya sortira grandi, dans la bataille du progrès et de la préservation des ressources primaires pour les générations futures, qui ne seront plus de simples slogans de salon, mais une réalité sur le terrain décelable par tous.

Contribution citoyenne par Abdelouahab Karaali
Association « El Mebdoue » pour l’environnement d’Ibn Ziad
Fait à Constantine le 16 avril 2010


Un peuplement de chêne vert bien venant de plus de 5 mètres de hauteur, dans le brouillard du massif d’Oum Settas.


Une vue sur le versant qui donne sur la route El Khroub – Benbadis. Une richesse de ce milieu, malheureusement menacé par une multitude de carrières dans ses piémonts, le ceinturant de plus en plus, pour l’étrangler à jamais.


Oum Settas et son environnement, un sanctuaire au milieu des terres agricoles et de belles vues sur toute la région.


Une carrière bien implantée, dans une portion du massif sans valeur écologique et loin des habitations et voies de circulation. Ce qui n’est pas le cas pour la majorité des carrières implantées sur les communes de Aïn Abid et Benbadis.


Un dolmen encore en bon état qui n’échappera pas pour longtemps à la bêtise humaine dans sa destruction et disparition avec la perte de l’histoire de la région de Bounouara (Commune d’Ouled Rahmoun).

Béni H’midène doit développer son écotourisme

Lundi 26 avril 2010

En voyant un reportage sur la chaîne de télévision nationale, sur les infos de 13h 00 du 5 avril 2010, sur la région de Béni H’midène, une sortie nature et de découverte avec la présence du PAPC et du président de l’association de Tiddis, je tiens à apporter ma petite contribution pour l’émergence de cette contrée de Constantine.


La vallée très encaissée du Rhumel juste au pied de la ville romaine de Tiddis.
Photo en date du 17 avril 2008 / Pierre le cycliste

En effet, Béni H’midène est une région très riche par sa ville romaine de Tiddis, ses sites et reliefs exceptionnels que constituent les gorges « Khnegs », l’oued Smendou, le massif de Sidi Driss…sa richesse floristique et faunistique.

Ci-dessous un compte rendu sur une sortie effectuée en décembre 2006.

Sortie à Dar El-Oued, en bordure de l’oued Rhumel
commune de Bèni H’midène en date du 5 décembre 2006

Il a été observé ce qui suit :

  • deux (02) colonies de perdrix gambra (10 chacune).
  • un (01) héron cendré

Il a été identifié la végétation suivante :

  • Le pistachier de l’Atlas, le jujubier et le jujubier commun à proximité du point d’eau romain avec un olivier plus que centenaire, l’asparagus, l’asphodèle, l’oléastre abondant sur les versants des gorges de Tiddis, le figuier de Barbarie, le lyciet, la marrube blanche, le tamarix abondant également sur les berges de l’oued Rhumel, le diss, le lentisque, le thym vulgaire, l’orme champêtre, le peuplier, le caroubier…Certains oléastres sont greffés avec des variétés à huile.

Il a été observé des « Dolmens » dont certains ont été abîmés.

D’après Ikhlef, un berger qui vit depuis longtemps dans cette région, la faune existante est constitué des espèces suivantes :

  • le chacal, le renard, le chat sauvage (difficile à observer), le hérisson, le porc épic, le pigeon et l’hirondelle des rochers, rapaces et charognards dont le vautour fauve, vautour percnoptère, la tortue d’eau, petits mammifères (à déterminer), la sarcelle d’hiver (Anas crecca) petit échassier qui hiverne dans la zone, sur le cours d’eau…

Il y a également beaucoup de grottes…

C’est un site féerique qui mérite d’être connu et préservé au même titre que la ville romaine de Tiddis, donc toute la zone peut faire l’objet d’un classement en matière d’archéologie, site naturel avec les gorges, l’oued Rhumel, la biodiversité…

La région d’Ibn Ziad mérite aussi d’être connue et l’association « El Mebdoue » pour l’environnement organise des randonnées pour des groupes structurées dans les massifs du djebel Zouaoui, djebel Kerkera…Pour tout contact, se rapprocher de l’association au niveau de son siège jouxtant la Maison de jeunes d’Ibn Ziad.

Fait à Constantine, le 5 avril 2010
Par Abdelouahab Karaali