Les jardins naturels du djebel Zouaoui

Au 2eme jour du début de l’année 2010 soit le 2 janvier, avec Ali Boutamina, de bon matin, nous avons entrepris une randonnée au djebel Zouaoui. Le temps était légèrement froid et le sol sec, chose rare par le passé. En principe, c’est la période de la pluie et de la neige avec des températures très basses. Et aujourd’hui, nous débattons encore du changement ou pas du climat.

A ce sujet, les services de la météo sont interpellés pour élaborer un Seltzer, document avec toutes les données climatiques en matière de pluviométrie, températures, gelées, vent, sirocco… par une moyenne de relevés sur une longue durée et par station météo. C’est un outil de travail utile pour le forestier, l’agriculteur, l’hydraulicien… au vu des perturbations climatiques que nous constatons depuis déjà plusieurs décennies.

Sur le parcours d’ascension par Djenane En Chem, les sources aménagées par les riverains avec des abreuvoirs pour leurs animaux d’élevage, avaient un faible débit. Le ciel était moyennement nuageux avec un ensoleillement perturbé.

Sur l’itinéraire, les espaces clairsemés de chêne vert, font l’objet de coupes pour les brins de grand diamètre de 12 à 17 cm en moyenne pour les besoins domestiques des riverains de la région (Ouled Rahmoun, El Anab…). La tige principale est emportée et ne reste sur le lieu d’abattage que le branchage disséminé après façonnage.

De temps en temps, Ali s’arrêtait un instant pour observer la végétation qui a démarré en cette année précoce. Plusieurs espèces de plantes sont en fleur, on peut citer le Souci, l’Oeillet, l’Asphodèle…en pleine montagne dont le point culminant de la wilaya de Constantine est le djebel Zouaoui à 1320 m, et on se croirait en pleine saison printanière.

Même les essaims des ruches sont en pleine activité et font rentrer du pollen (observation au bois du Mansourah). Pour les pistachiers térébinthe ou de l’Atlas, certains arbres n’ont pas encore perdu totalement leur feuillage, que le bourgeonnement a commencé.

En matière de faune, il a été relevé sur le parcours du massif, beaucoup de crottes de chacal à base de baies de Genévrier oxycèdre, appelé localement « Taga » et une levée d’une petite colonie de six perdrix Gambra seulement, à notre approche.

De ce fait, on ne peut dire que la région est giboyeuse puisque elle est sujette à un braconnage difficile à contrôler dans une région accidentée, enclavée et éloignée. Ce qui n’empêche, l’association El Mebdoue dans ses sorties périodiques, essaie de sensibiliser au mieux la population fréquentant ces lieux pour un comportement plus responsable en matière de délits (coupes, arrachage, braconnage…).

Dans le ciel, quelques rapaces difficilement identifiables, tournoyaient avec le grand corbeau qui devient dominant dans la région d’Ibn Ziad, qui s’adapte bien à la dégradation du milieu au profit d’autres espèces plus nobles en perpétuelle diminution (vautour fauve…).

Arrivé au niveau des jardins naturels du djebel Zououi, Ali était ébloui par la configuration du terrain, très accidenté avec des cavités profondes et une richesse floristique remarquable (fougères, petit houx, acanthe, arum…) et des vues panoramiques sur les territoires de la wilaya de Constantine et de Mila avec un horizon bien dégagé et moins pollué. Ce substrat calcaire a été façonné par le temps par les pluies, les écarts de températures, la végétation qui fait éclater la roche. L’eau de pluie contenant du gaz carbonique dissous la roche calcaire.

Au même titre que la richesse de la végétation, les formes des blocs de roches travaillées par les eaux de pluie sont également exceptionnelles. Aussi, en fréquentant le djebel Zouaoui, il faut emprunter des chemins sécurisés afin d’éviter des éboulis de roche. Aussi, la prévoyance est à observer pour éviter des accidents dommageables.

Toute une richesse du milieu qui mérite d’être approchée par nos universitaires, centres de recherche pour l’inventaire de la biodiversité de la région de Constantine et d’autres richesses également et des moyens à mettre en place par les différentes administrations concernées pour la prise en charge des besoins des populations riveraines pour atténuer la pression sur ce milieu naturel sujet également à un surpâturage ou toutes les pousses de l’année son broutées, pour lequel l’association El Mebddoue a été créée et milite pour sa sauvegarde et sa régénération.

Au retour au centre urbain d’Ibn Ziad, notre observation s’est portée sur la taille des arbres d’alignement qui est mal maîtrisée. Elle est faîte d’une manière très anarchique ou les normes élémentaires de la taille ne sont pas respectées. Après un rabattage excessif de l’année passée, on refait le même travail, au lieu de sélectionner et laisser les branches maîtresses et supprimer toutes les autres branches de faible croissance, tordus…Dans cette opération, toutes les branches sont rabattues presque jusqu’à leur base. Même le badigeonnage des troncs d’arbres à la chaux est excessif, où la couche de cette matière ne fait que s’épaissir faisant une carapace étanche. De même que la terre des réservations est à enrichir, avec des arrosages si nécessaire pour le bon démarrage végétatif des arbres.

Aussi, l’association souhaite que l’APC d’Ibn Ziad l’associe dans les projets relevant de ses compétences (espaces verts, gestion des déchets solides, gravats…, aménagements urbains…) pour une meilleure approche et réussite des projets de la commune.

Fait à Constantine le 3 janvier 2010
par Abdelouahab Karaali

Laisser un commentaire