L’arbre dans le développement et l’épanouissement social

En effet, l’arbre est utile en tout point de vu, mais malheureusement il ne trouve pas une grande place dans notre environnement. Même nos exploitations agricoles ne donnent pas un grand intérêt à cette espèce ligneuse, qui nécessite savoir et engagement pour un résultat positif, que peu d’agriculteurs veulent consentir.

A part la commune de Hamma Bouziane qui a un antécédent et des conditions édaphiques, climatiques et hydriques, qui étaient plus favorables dans ce domaine, les autres communes sont dans la plupart dépourvues de la culture de l’arbre. Les projets réalisés du temps de la révolution agraire ou même dans les derniers programmes de développement n’ont pas été d’une grande réussite, voir le cas d’Ibn Ziad qui est édifiant (plantations d’amandiers vieillissantes, délaissées ou arrachées sans renouvellement…) alors qu’une bonne partie de ses terres non viables pour la céréaliculture pourrait être versée à l’arboriculture moyennant un investissement dans la mobilisation de l’eau. Une retenue collinaire nouvellement réalisée n’a pas permis pour l’instant de voir la réalisation de vergers…

Donc, en dehors de la région de Hamma Bouziane qui connaît un essor en la matière sur l’axe routier Constantine-Mila, il est rare de trouver de vergers modèles, malgré les différents investissements réalisés par l’état pour le développement de cette filière, à part quelques exceptions à Aïn Abid, Ouled Rahmoun et Aïn Smara bien réussis par leurs propriétaires avec un encadrement et un dévouement à la hauteur du résultat obtenu avec des techniques de pointe dans l’installation de l’arbre fruitier, de sa conduite et du système d’irrigation et de la qualité de la production.

Mêmes les fermes pilotes qui doivent être à l’avant-garde du développement agricole n’ont pas fait à mon avis, un effort louable pour la pratique de cette culture pérenne qui offre beaucoup de débouchés pour le marché national et la création d’emplois permanents et saisonniers avec une meilleure qualification de la main d’œuvre ordinaire (taille, greffage…) et aussi des possibilités futures de développement de l’agroalimentaire.

Cette situation s’explique de plusieurs manières :

  • absence de la culture de l’arbre, l’intéressement va à la céréaliculture et à l’élevage ovin…et la recherche surtout du gain facile sans effort à l’œuvre.
  • manque de professionnalisme de nos agriculteurs et peu d’investissements financiers dans les projets agricoles.
  • contraintes techniques, administratives… Cas des EAC
  • contraintes hydriques, facteur limitant à la pratique de l’arboriculture…

Constantine étant une wilaya performante en céréaliculture, gagnerait également beaucoup en misant dans l’arboriculture fruitière (olivier, raisin de table, caroubier, noyer…à titre indicatif), pour améliorer les revenus des agriculteurs, une meilleure utilisation des sols en fonction de leurs caractéristiques, une diversification de la production agricole au bénéfice de l’agriculteur et de l’économie du pays, et un nouveau visage plus attrayant de nos campagnes et de la lutte contre la déperdition et l’appauvrissement des sols par le phénomène de l’érosion hydrique ou éolienne, en renforçant la protection des sols par des ouvrages antiérosifs tels que les murettes en pierre sèche selon les courbes de niveau, voir aussi les travaux de défense et restauration des sols (DRS) qui ont été abandonnés totalement, à part la correction torrentielle par le gabionnage.

Une intensification de l’arboriculture pourra être réalisée sans contrainte sur les terres à faible rendement céréalier ou marginales se situant au pourtour des retenues collinaires de la wilaya avec l’utilisation du goutte à goutte dans l’économie et la préservation de la ressource hydrique et le maintien de la sauvagine sur les plans d’eau.

A Constantine, nous rencontrons également de grands apiculteurs qui développent leur activité surtout sur la bande du littoral de l’Est du pays par le biais de la transhumance ainsi que de petits apiculteurs également à travers certaines communes de la wilaya de Constantine. On peut citer El Khroub, Didouche Mourad, Constantine…aussi il serait utile d’enrichir notre environnement par la plantation des espèces mellifères qu’elles soient arbres, arbustes, arbrisseaux…le long des voies de circulation, comme brises vent autour des parcelles agricoles, création de bosquets sur les parcelles de faible valeur agricole, le long des chaabâthes…afin d’améliorer les potentialités nectarifères et de pollen de notre région pour un meilleur rendement de miel par ruche installée.

Les espèces à préconiser sont très diverses et nous disposons d’une gamme très importante que les pépiniéristes confirmés, pourrait guider dans le choix des espèces à utiliser (richesse variétale d’eucalyptus sur sols pauvres ou à stabiliser, tilleul espèce en voie de disparition à Constantine à réhabiliter, bigaradier, kolatier, romarin, lavande…).

Une contribution citoyenne dans le reverdissement de nos campagnes trop marquées par la monoculture de la céréaliculture bien visible après les moissons.

Fait à Constantine le 4 février 2010
Par Abdelouahab Karaali

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