40éme et 41éme jour – La traversée de Tanger Med à Sète

Pour la traversée de Tanger Med à Sète, le billet m’a coûté 86 euros pour 32 heures de traversés dont deux nuits en couchette dans une cabine intérieure de quatre couchettes avec un cabinet de toilette permettant de prendre des douches chaudes (et j’en ai profité). Cabine avec prise de courant qui m’a permis d’utiliser mon aide respiratoire pour éviter les apnées.

Contraste avec le prix de la traversée du détroit de Gibraltar qui m’a coûté 38 euros pour 10 kilomètres de traversée (32 euros si j’avais fait Algéciras-Tanger Med). Je ne sais pas si c’est du à des taxes dans les ports espagnols ou à la gourmandise des opérateurs, mais le tarif de cette traversée du détroit de Gibraltar est infiniment plus élevé que toutes les autres traversées que j’ai pu faire en Europe (Patras-Venise, Turku-Stockholm, Helsingborg-Helsingor, …).

Nous étions 5 vélos à embarquer.

– Deux cyclistes néo-zélandais qui ont fait un tour au Maroc, mais avec des VTT à assistance électrique.

– Un couple de cyclistes français, Marie-Madeleine et Claude (75 ans, membre, comme moi, de Cyclo Camping International, et bénévoles au festival de CCI tous les ans en janvier). Ils reviennent de faire le tour de l’Andalousie. Ils ont rejoint l’Andalousie en prenant le bateau à Sète pour Tanger Med, et traverser ensuite pour Algéciras, et ils font le trajet retour à l’inverse du trajet aller. En Andalousie, ils sont passés un peu par les mêmes villes (Jerez de la Frontera, Cadiz, Vejer la Frontera, …) que moi à l’ouest, mais ont commencé par l’est où je ne suis pas allé. Claude était maître de conférences en chimie à l’IUT d’Orsay, Marie-Madeleine chargée de recherches au CNRS. Nous avons beaucoup échangé pendant la traversée. Claude a une très grande expérience du voyage à vélo. Quand il a pris sa retraite, il est parti faire un tour à vélo en Amérique du sud, descendant jusqu’à Ushuaïa à travers la Patagonie et remontant en longeant la côte ouest (mais il vaut mieux faire l’inverse, les vents sont plus favorables). Il est aussi monté au Cap Nord. Marie-Madeleine travaillait encore, mais le rejoignait pour certaines portions du parcours. En discutant avec lui, j’ai appris beaucoup de choses. Et nous avons aussi parler matériel vélo. Discussions très enrichissantes.

Il y avait aussi quelques motards dont un Toulonnais qui est descendu assez vite jusqu’à Dakar avec sa moto, et qui est remonté plus lentement en visitant le Maroc. C’était la première fois qu’il faisait un voyage de ce type. Son voyage s’est très bien passé, et il m’a donné plein de tuyaux pour mon voyage de l’année prochaine,

et aussi un médecin en retraite qui descend plusieurs fois par an en Land Rover dans le sud Maroc, il s’intéresse à l’archéologie, aux peintures rupestres …

J’ai aussi discuté avec quelques marocains dont un Lyonnais arrivé il y a quarante ans en France, conducteur d’engins de chantier, en retraite maintenant. Il retourne plusieurs fois par an au pays du côté de Meknès.

En parlant la même langue, c’est plus facile d’avoir de vrais échanges.

La première nuit, le bateau a beaucoup roulé, la mer était forte, cela s’est calmé ensuite.

Le bateau est arrivé avec 9 heures de retard à Sète en prétextant les conditions climatiques, mais quand on fait le calcul, il y a 1200 km à vol d’oiseau entre Tanger Med et Sète. Le bateau a navigué, de la côte au large de Barcelone à l’arrivée à Sète par temps calme à 33 km/h d’après mon GPS. A cette vitesse, pour faire 1200 km, il faut 36 heures. Donc, soit le bateau naviguait beaucoup moins vite que d’habitude pour une raison quelconque, soit la durée de la traversée annoncée est une tromperie (ce que j’ai tendance à croire). L’année dernière, sur Patras-Venise, 32 heures comme Tanger-Sète, le bateau avait bien mis 32 heures, mais nous avions du patienter 9h que le brouillard se lève pour pouvoir entrer dans le port …

Cela a eu une grosse conséquence pour moi. J’avais prévu un retard maximum de 5 heures, et j’ai donc raté mon train à Sète ce qui a compliqué mon retour. J’ai du annulé mon billet Sète-Nantes via Bordeaux,réservé un lit dans une auberge de jeunesse à Sète et réservé un autre billet. Mais la Sncf a choisi de commencer des travaux de réfection de la voie après les intempéries catastrophiques des 14-15 octobre si bien que mardi 23 octobre il n’est pas possible de rejoindre Nantes via Bordeaux. Seule possibilité pour voyager avec un vélo non démonté : passer par Paris avec un changement de gare. A cette occasion, je découvre que sur Paris-Avignon-ville, les TGV transportent les vélos (vieux TGV sans étage), mais aussi que les nouvelles rames de TGV « Inoui » duplex comporte un espace pour 2 ou 3 vélos non démontés. Information très intéressante. Après vérification, les rames Inoui vers l’Est (Strasbourg, Nancy, Metz) ne prennent pas les vélos, celles vers Lyon non plus, mais les rames Paris-Bordeaux-Toulouse prennent les vélos. Où est la logique ? Sur Paris-Nantes, la plupart des TGV Inoui ou vieux TGV prennent les vélos.

J’ai eu un billet Sète-Nantes via Avignon-ville et Paris gare de Lyon, puis gare Montparnasse pour 122 € avec la carte Senior+, mais il m’a coûté le double du trajet via Bordeaux par Intercité (63 €).

L’essentiel est d’arriver ! L’écart de prix est peu de choses à côté de la catastrophe qu’a subi le département de l’Aude.

Les trajets pour arriver au point de départ du voyage à vélo, ou pour revenir du point de destination sont soumis à de nombreux aléas, rendant ces trajets stressants et fatigants, mais cela fait partie des plaisirs du voyage.

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