9éme jour – Séfrou – Boulemane – 72 km

Encore une journée bien intéressante et qui s’est très bien passée.

Une journée où je suis passé de l’altitude 826 mètres à l’altitude maximum de 1752 mètres, soit 926 mètres de dénivelé auxquels s’ajoutent, a minima, 250 mètres de dénivelé perdus dans une descente et repris ensuite. Mais je suis en très bonne forme, et les pentes sont assez douces, je ne fais pas beaucoup d’efforts.

Ce soir à Boulemane, je suis à 1700 mètres et la température n’aurait pas dépassé 19°. Mais au soleil, il fait bien chaud, mais je supporte très bien. Toute la journée, j’ai roulé comme d’habitude en t-shirt. Il n’y a que les nuits qui sont un peu fraîches et souvent au milieu de la nuit, je mets la couverture par-dessus le drap. Le matin, il fait 13°, mais avec le soleil, il ne fait pas froid en t-shirt. Demain matin, il doit faire 9°.

La journée a commencé par l’excellent petit-déjeuner servi par mon hôte.

Dans la tajine, des oeufs brouillés. Un ravier de confiture, un ravier d’olives avec un morceau de vache qui rit, un ravier d’huile d’olive, un ravier de jus de cuisson du poulet que j’ai mangé hier soir avec une tajine de légumes. A gauche, deux pains ronds marocains. Pour les manger, on coupe le pain en 4. Le pain sert à saucer, par exemple, l’huile d’olive ou le jus de poulet. La théière avec le thé et une petite coupe de menthe fraîche que l’on met dans le verre avant de remplir le verre en versant avec la théière, le plus haut possible. A ceci s’est ajouté une petite tasse de café.

Après ça, j’étais bien calé pour démarrer ma journée !

Mosquée en quittant Séfrou.

Dès le départ de Séfrou, et pendant une quarantaine de kilomètres, j’ai été régulièrement dépassé, à grand bruit, par les véhicules du Rallye du Maroc. On les entend venir de très loin tellement ils sont bruyantes … pourtant ils ne roulent pas très vites.

Depuis Séfrou, j’ai retrouvé une petite route avec une seule voie dans chaque sens. C’est beaucoup plus agréable. Tout s’est bien passé, même si la circulation a été un peu plus importante que la normale avec le Rallye du Maroc.

Bien sûr, il y a toujours une exception à la règle (quoique, depuis le départ, les marocains sont très respectueux de mon vélo), un imbécile (du rallye) avec son gros véhicule jaune pétant a commencé à me klaxonner de très loin (comme si j’avais besoin de ça pour l’entendre), et visiblement il voulait que je me range pour le laisser passer. Ce que j’ai finalement fait, sachant qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un automobiliste qui veut montrer sa puissance et sa virilité.

Concurrent du Rallye du Maroc.

Concurrent du Rallye du Maroc.

Concurrent du Rallye du Maroc.

Chargement de bois.

Dans la montée du premier col de la journée.

Devant l’école, des garçons, très nombreux s’approchent de moi (comme toujours). Bonjour, comment tu t’appelles ? … Je leur propose de les prendre en photo. Aussitôt, c’est une envolée de moineaux … ils n’ont pas l’habitude et surtout je ne veux pas les forcer. Deux enfants sont ravis de poser, ils doivent avoir l’habitude. Un peu plus loin, je passe devant le groupe des filles, même intérêt à mon passage, plus réservées, je ne leur propose pas la photo. J’évite toujours au maximum d’importuner que ce soit les enfants ou les adultes avec les photos. L’initiative vient plutôt d’eux. Et pourtant, que de belles photos « perdues » … les enfants sont beaux, les femmes sont belles … mais beaucoup restent dans ma tête.

Canal d’irrigation en bord de route.

Le premier col (vue vers d’où je viens).

Le premier col (vue vers où je vais).

Après le premier col, je suis sur un vaste plateau où je vais voir beacoup de fermes fruitères, de la petite ferme artisanale, un peu ancienne, à la ferme artisanale plus récente, à la grosse ferme industrielle dont je crains malheureusement que les fruits ne soient pas très bio.

Le plateau. En premier plan, avant les montagnes, on voit une grande ferme industrielle, la tâche verte, ce sont les filets de protection contre les oiseaux (je suppose). Fermes ressemblant aux fermes fruitières que j’ai pu voir en Espagne.

Les pommes industrielles ont l’air d’être des goldens. On est en période de ramassage. Ici la clôture est discrète (ce doit être une ferme artisanale. Mais j’ai vu des clôtures terribles, genre terrain militaire.

Ferme fruitière artisanale ancienne, on voit le paysan ramasser ses pommes.

Ferme fruitière artisanale récente, étendue modérée, protection contre les oiseaux par des filets, petits murs pour protéger les arbres contre la faune. Absence de grillage ou barbelés. Les fermes industrielles sont derrière des grillages très hauts, très solides avec de gros poteaux en béton. Cette ferme est récente, car les arbres sont encore jeunes.

Outre les fermes fruitières (uniquement de la pomme), je découvre des silos à oignons. Sur les marchés, on voit toujours à vendre de très gros oignons, le double de volume des gros oignons que l’on peut trouver en France. Je sais maintenant d’où ils viennent. Du Moyen Atlas.

Quand je vois les premiers silos, bien alignés, je me demande ce que c’est.

Et petit à petit en roulant, je vois des silos débordant un peu, et je découvre des oignons.

Ferme ou village ? Berbère peut-être ?

Rangées de silos à oignons

.Silo à oignons.

Silos à oignons découverts.

Silo à oignons vide ou non encore rempli. Le silo est formé par deux rangées de pierre, fermées aux extrémités. La cavité ainsi formée doit être (peut-être ?) une protection contre la faune (sauvage ou domestique ?). A noter, je ne sais pas si le procédé est ancestral ou non, mais plus loin dans la journée, je verrai des ouvriers en train de construire de nouveaux silos. A noter aussi que j’ai vu à un autre endroit, des ouvriers déchargeant un camion plein de caisses d’oignons et remplir des silos vides avec les oignons débarqués. Les oignons venaient peut-être d’exploitations irriguées que j’apercevais un peu plus loin (belles tâches vert tendre). Les silos se trouvant en zones arides et caillouteuses.

Silos à oignons découverts.

Pause casse croûte de la journée. De l’ombre et une glissière de sécurité pour appuyer le vélo, c’est parfait !

Deuxième col de la journée. J’entre dans la province de Boulemane. J’arrive sur un deuxième plateau, beaucoup plus aride que le premier. Le premier était à 1400 mètres, celui là est un peu plus haut, plutôt à 1600 mètres.

Sur le deuxième plateau.

Sur le deuxième plateau.

Sur le deuxième plateau.

Troisième col à 1752 mètres, le maximum de la journée. Le secteur est très aride, mais je vais redescendre un nouveau plateau, incliné, et redescendre à 1480 mètres avant de remonter à nouveau à 1730 mètres environ.

Au fur et à mesure que je descendrai, le paysage deviendra de moins en moins aride, et j’apercevrai au loin de belles tâches vertes, zones irriguées.

Avant d’attaquer mon dernier col de la journée, je trouverai un point d’eau, fontaine publique avec une buvette à côté. Mis à part, un peu, dans la montée en quittant Séfrou, c’est le seul point d’eau, la seule buvette depuis le départ. Zone très désertique.

La fontaine est à gauche, c’est l’arrondi, non loin des deux hommes debout.

Après ce point d’eau, c’est reparti pour le dernier col.

Dans la montée du dernier col.

Dans la montée du dernier col.

Dans la montée du dernier col.

Tout au long de la journée, je verrai de nombreux troupeaux de moutons, un troupeau de chèvres, toujours gardés par un ou deux bergers, et même une vache seule conduite par un berger.

En arrivant à Boulemane, je déjeune avec un excellent ragoût de mouton, accompagné de légumes et de pois chiches.

Il n’y a pas d’hôtel à Boulemane, donc pas d’hébergement prévu à l’avance.

Je pensais trouvé un hôtel rustique, même pas. Trop petit village (ville) perdue en montagne.

Heureusement, ce que je ne savais pas, il y a un camping.

Chaque étape est une surprise. Comme d’habitude, c’est une bonne surprise !

Ayant interpellé des marocains à une terrasse de café, ils se chargent d’appeler le gérant du camping et en attendant qu’il arrive, je me fais servir un thé à la menthe.

Thé à la menthe, toujours servi avec un verre d’eau (la tasse de café est également servie avec un verre d’eau.

Puis le gérant me conduit à sa boutique où il enregistre mon passeport avant de me conduire au camping où il met un bungalow à ma disposition (le camping est fermé, je suis tout seul, c’est un camping pour marocains l’été, pas pour touristes).

Kamel, dans sa boutique, enregistre mon passeport

Mon bungalow au camping

Manque de chance, il y a une coupure générale d’électricité depuis que je suis arrivé vers 15h, et l’alimentation en eau se fait via une pompe électrique. Je peux quand même me laver, l’eau arrivant par gravité.

Par contre, je rédige ce blog en étant hors-ligne, mais je suis obligé d’arrêter par manque de lumière.

Finalement à 19h20, juste à la nuit noire, l’électricité vient d’être rétablie et je vais pouvour mettre cet article en ligne.

Chose faite !

Ce contenu a été publié dans 09-Boulemane, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.