18 avril - Djebel Zouaoui
Mardi 20 mai 20086h15 Abdelouahab appelle Driss pour le réveiller !
7h00 nous partons pour Ibn Ziad. Ma mission aujourd’ui est d’assurer la promtion du vélo à Ibn Ziad.
En cours de route, on me montre une carrière qui n’aurait pas du être créé à cet endroit, car elle défigure le paysage. L’association El Mebdoua avait essayé de s’opposer à ce projet en démontrant l’erreur qui était faite. Peine perdue à court terme.
Tout au long de la route, il y a de nombreux vergers récents, cloturés pour éviter que le bétail n’aillent les piétiner, c’est une des plaies de l’agriculture en Algérie. Comment concilier la tradition de l’élevage par des gens sans terre avec celui de la production agricole ?
Peu avant d’arriver à Ibn Ziad nous nous arrêtons à un petit barrage, créé très récemment pour assurer l’irrgation du secteur. La gestion de l’eau est une préoccupation majeure de l’état et de nombreux projets, petits et grands sont en cours.
A partir d’Ibn Ziad, la pente est un peu plus raide, à vélo, pour arriver au djebel Zouaoui. Au dernier petit village, nous nous arrêtons au café et je propose aux jeunes qui m’ont vu arrivés à vélo d’essayer le vélo. Ils n’ont pas de vélo, mais savent tous en faire. Et le vélo passe de main en main pour faire un petit tour. Même Driss qui n’a pas fait de vélo depuis plusieurs dizaines d’années essayeht et fait son petit tour du village comme les autres.
Puis nous repartons pour rejoindre le pied du Djebel où nous retrouvons Ali Boutamina, le président de l’association El Mebdoua. Là je laisse mon vélo et nous partons à 6 pour une balade dans le djebel par des chemins très escarpés. Nous montons à la zaouia, marabout du Cheikh Zouaoui, petit village abandonné qui domine Ibn Ziad.
Au retour nous redscendons par des falaises très abrupts et c’est quasiment de l’escalade. Un peu difficile pour Driss dont c’est la première randonnée en montagne. Driss est un pur urbain et deux jours après il a encore mal aux jambes de cette balade, mais il est converti et rêve d’y retourner.
Tout au long de la radonnée, nous aurons aperçu de très nombreux rapaces. Revenu en bas, Abelouhab interpelle deux jeunes qui connaissent très bien les moeurs de ces rapaces, mais parfois trop bien car ils capturent les oisillons. Abdelouahab discute avec eux et voudrait les faire adhérer à l’association pour protéger l’environnement. Il leur propose de venir avec lieu fin avril à la semaine de manifestation pour l’environnement à Kherrata, semaine pour laquelle l’association qui commence à être reconnue pour sa compétence a reçu une invitation pour un groupe de 8 personnes tous frais payés.
Après cette bonne matinée, Ali nous emmène déjeuner dans sa maison natale, aujourd’hui habitée par son cousin et nous dégustons une excellente chekhchoukha, plat traditionnel de l’est algérien. Puis au nom de l’association El Mebdoua, Ali me remet un diplôme pour me remercier du petit site internet que j’ai créé pour l’association. C’est vraiment une surprise pour moi, mais cela fait partie de la tradition algérienne.
La maison d’Ali est faite de terre séchée, mais elle est très étanche. Dehors un vent très fort, un vent de sable s’est levé et dans la maison nous nous rendons compte de rien. En sortant, nous restons paresser sur l’herbe, de la pelouse, car s’il y a du vent, il n’est pas du tout froid.
Le cousin d’Ali, le gardien, nous emmène ensuite visiter la station de pompage de l’eau qui a été construite pour assurer l’approvisionnement en haut d’Ibn Ziad, sur une proposition de l’association. Le forage a une profondeur de 400 mètres, on trouve de l’eau à partir de 50 m et la pompe est immergée à 160 m avec un débit de 40l par seconde. Cela assure l’eau de tout Ibn Ziad, pas H24 pour éviter le gaspillage, mais quartier par quartier. Bientôt chaque logement sera équipé d’un compteur individuel pour que chacun se sente responsable de sa consommation. Le message de mise en valeur de l’environnement porté par Abdelouahab commence à porter ses fruits. Dans l’enceinte de la station, il y a de nombreux parterres de fleurs et à l’extérier des arbres ont été plantés, entourés de grillage pour les protéger du bétail.
Pour monter à la station, le cousin d’Ali a emprunté mon vélo et il est vraiment convaincu, il n’est pas impossible que son prochain salaire lui serve à acquérir un vélo. Abelouahab est convaincu que mon passage à vélo à Ibn Ziad laissera des traces.
Nous chargeons ensuite le vélo sur le toit de la 4L et nous voilà partis pour un grand tour vers Athmania. Nous nous arrêtons à une source qui a un débit très important toute l’année. Une occasion pour nous réapprovisonner en eau pure, mais aussi une occasion supplémentaire pour Abdouhab d’entamer la conversation avec les habitants et de les sensibiliser inlassablement à la protection de l’environnement.
Abdouahab qui connaît bien son ami Driss, sait que la journée a été fatigante et pour que Driss soit en forme pour travailler demain, il lui propose de passer au hammam pour détendre ses muscles, et il veut aussi me faire découvrir cette tradition algérienne. Je n’ai pas retenu le nom de la localité où nous allons, du côté de Telerghma, je crois. C’est une région où il y a de très nombreux établissements thermaux, car il suffit de forer pour trouver une eau très très chaude, comme à Hammam Meskoutine.
Après avoir fait l’acquisition de maillots de bain et d’un savon, nous pénétrons dans le vestiaire. Après nous être mis en maillot de bain, nous pénétrons dans le hammam proprement dit. Il est composé de trois parties. Une première grande surface qui set à se laver avec le savon en se rinçant à l’eau tiède ou froide. Une deuxième partie plane où coule en permanence une petite épaisseur d’eau chaude. La troisième partie est la piscine d’eau chaude.
L’eau chaude est très très chaude et le premier contact sur la surface plane est déjà très difficile. Petit à petit je m’habitue, puis il faut aller s’asseoir au bord de la piscine, les pieds trempant dans l’eau. C’est insupportable, beaucoup trop chaud ! Petit à petit, après plusieurs essais, je vais m’habituer, mais je n’irai pas plus loin. Driss, progressivement se baigne quelques instants complétement dans la piscine. Certain se font masser dans la partie horizontale allongé par terre, ou font des élongations. Puis nous retournons dans la première partie où nous nous savonnons et rinçons à l’eau froide. Je retourne même m’asseoir au bord de la piscine, sans entrer complétement dans l’eau.
Le bain maure est une nouvelle expérience et probablement que progressivement j’arriverai à me baigner dans la piscine. Je remercie beaucoup Abdelouhab et Driss pour cette initiation.
Mais le soir arrive et il nous faut rentrer à Constantine avant la nuit, car la 4L n’est pas vraiment équipé pour rouler de nuit.
Et nous allons dîner chez Abdououahab; chorba rouge (mais je ne devrai pas dire chorba car il y a un nom constantinois !) et un autre plat. Et je montre à Driss et à toute la famille les photos de mon voyage de Constantine à Alger. Cela se termine fort tard et il est minuit passé quand nous rentrons chez Driss.
Récente retenue collinaire peu avant d’arriver à Ibn Ziad
Entrée à Ibn Ziad
Essai de vélo dans le petit village au pied du Djebel Zouaoui
Le café Mounir dans le village au pied du Djebel Zouaoui
La station de pompage de l’eau du Djebel Zouaoui pour alimenter Ibn Ziad
Ibn Ziad vu du Djebel Zouaoui
Rapaces dans le ciel du Djebel Zouaoui
La zaouia, marabout du Cheikh Zouaoui,
Un canyon du Djebel Zouaoui
Pédagogie avec les jeunes chasseurs d’oisillons de rapaces
La maison natale d’Ali Boutamina, le Président de l’association de protection de l’environnement El Mebdoua
Bienvenue chez le cousin d’Ali Boutamina
A l’intérieur de la maison natale d’Ali Boutamina
Salade composée au premier plan et au second plan, la chekhchoukha, plat traditionnel de l’est algérien
Le cousin d’Ali essaye le vélo et est enthousiasmé !
Plantation et protection d’un jeune arbuste
Près d’une souce, sensibilisation à la protection de l’environnement